Au CHU de Brest, le Dr Jean-Romain Risson, radiologue interventionnel et diagnostique, utilise Omnidoc pour structurer les demandes d’avis en radiologie. Dans ce témoignage, il revient sur l’organisation mise en place au sein du service, sur les limites des échanges par mail et sur l’apport concret de la téléexpertise pour fluidifier les échanges entre professionnels de santé, notamment avec les praticiens de ville.
Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?
Dr RISSON. Je suis radiologue interventionnel et diagnostique, avec une activité digestive et interventionnelle. Je suis praticien hospitalier depuis une quinzaine d’années.
Pouvez-vous nous parler du réseau de téléexpertise du service de radiologie ?
Dr RISSON. Il existait déjà un projet de téléexpertise de territoire pour les collègues neuroradiologues dont nous ne faisions pas partie. Donc depuis un peu moins d’un an, nous avons mis en place la plateforme Omnidoc pour les avis de téléexpertise du service, aussi bien pour l’imagerie diagnostique que pour l’interventionnel.
Nous avons choisi de dissocier les lignes d’avis, car nous travaillons par petites unités de quatre ou cinq praticiens. Sinon, le tri des demandes aurait été compliqué à long terme. Aujourd’hui, nous avons cinq lignes d’avis.
Qui sont vos requérants principaux ?
Dr RISSON. Il y a deux types de requérants. D’abord, nos correspondants habituels, notamment sur la partie interventionnelle. Nous travaillons avec des pneumologues, des gastro-entérologues, etc., qui demandent régulièrement des avis par courrier. Cela représente encore le plus gros de notre activité.
Ensuite, il y a les médecins généralistes. L’intérêt de rejoindre Omnidoc, c’était justement de gagner en visibilité auprès de professionnels qui auraient eu du mal à nous identifier, notamment par mail qui était jusque-là notre principal mode de fonctionnement.
Quelles sont les demandes les plus fréquentes ?
Dr RISSON. Sur la partie interventionnelle, les demandes portent beaucoup sur la faisabilité des examens : savoir si nous pouvons réaliser une destruction tumorale, une biopsie ou un autre geste technique.
Il y a parfois un mélange entre la question de faisabilité du geste et une simple prise de contact pour savoir si nous pouvons prendre le patient en charge. Ce sont pourtant deux choses différentes, même si nous utilisons aujourd’hui la plateforme pour ces deux usages.
En diagnostic, les demandes proviennent souvent de spécialistes qui souhaitent une relecture d’imagerie avec des questions du type “Pouvez-vous relire cette IRM et nous dire quel type de tumeur hépatique cela pourrait être ?”.
Comment êtes-vous organisés pour répondre aux demandes ?
Dr RISSON. Aujourd’hui, nous n’avons pas d’organisation spécifique. Tout le monde reçoit les demandes et celui qui souhaite répondre le fait. Cela fonctionne plutôt bien parce que notre volume de demandes est encore en croissance et reste gérable.
En revanche, sur des volumes plus importants, il me semblerait pertinent d’identifier des jours dédiés, voire de prévoir des vacations spécifiques si le temps consacré aux avis devient conséquent.
Comment faisiez-vous avant Omnidoc ?
Dr RISSON. Nous aimions bien le mail pour sa réactivité, que nous retrouvons aujourd’hui sur Omnidoc. Cela permettait de poser des questions complémentaires et d’avoir des échanges rapides, ce que nous n’avions pas avec le courrier classique.
Le problème, c’est que cela fonctionnait bien quand nous étions deux ou trois praticiens mais avec l’augmentation du nombre de demandes et l’agrandissement de l’équipe, cela devenait compliqué à gérer. Les mails étaient mélangés, nous ne savions pas toujours qui avait répondu et chacun devait relire l’ensemble des échanges pour vérifier si une réponse avait déjà été apportée.
Il arrivait parfois que des réponses soient faites en doublon, voire que des réponses discordantes soient envoyées. C’est pour cela que j’étais assez demandeur d’un autre outil.
L’avantage d’Omnidoc, c’est justement de bien identifier le praticien qui répond. Cela permet aussi de mieux répartir le travail sur la semaine ou pendant les vacances. Avec le mail, nous découvrions parfois qu’un collègue était absent seulement après l’envoi, en recevant son message d’absence.
Quels sont les autres avantages de la téléexpertise ?
Dr RISSON. Un autre avantage important, c’est la sécurité. Nous avions beaucoup de correspondants qui utilisaient des boîtes Gmail ou d’autres messageries non sécurisées, avec des informations médicales sensibles qui transitaient dessus. Cela posait toujours question et c’est pourquoi j’étais donc très favorable à la mise en place d’une solution comme Omnidoc.
Un autre point important pour moi, c’est la structuration des demandes. Pour ça, j’ai pu créer des formulaires types à destination des praticiens, même si je ne l’impose pas car certains correspondants avaient déjà de bonnes pratiques de simplement joindre leurs courriers détaillés à la demande de téléexpertise.
Toujours est-il que dans les faits, nous constatons que les demandes sont beaucoup mieux renseignées qu’avant, il y a un véritable temps de questionnaire médical. Par mail, les échanges se limitaient parfois à savoir si je pouvais réaliser un acte précis, puis les informations patients étaient récupérées plus tard, en consultation, sans être disponibles au moment de l’avis.
Quel impact de la téléexpertise sur le lien ville-hôpital ?
Dr RISSON. Je pense que cela va avoir un impact important. Cela nous permet de nous rapprocher de correspondants avec lesquels nous travaillons déjà mais aussi de praticiens avec lesquels nous n’avions jusque-là aucun contact.
Nous pouvons ainsi fournir un avis d’expert de manière très simple. Pour les praticiens requérants, c’est probablement une avancée encore plus importante que pour nous, car nous avions déjà l’habitude d’échanger au sein de réseaux existants. Pour un praticien un peu isolé, avoir accès à des avis de qualité partout sur le territoire national constitue une avancée majeure.
Quels conseils donneriez-vous à vos consœurs et confrères ?
Dr RISSON. Mon expérience personnelle, c’est que l’accès à la plateforme est vraiment simple. L’interface est facile d’utilisation, donc il faut se lancer. Je ne vois pas de difficulté majeure, notamment pour les praticiens qui utilisent déjà un lecteur de carte CPS. Si vous avez du temps à consacrer à la relecture et aux avis, c’est un très bon outil, très facile à utiliser.
Le mot de la fin ?
Dr RISSON. C’est un outil qui simplifie réellement la pratique et qui va dans le sens de la qualité des soins. Je pense que c’est un enjeu fondamental aujourd’hui.

