19 mars 2026Focus sur le centre CicaParc de Caen : témoignage croisé du Dr Palcau et de M.Delaunay, infirmier coordinateur

Equipe du centre CicaParcEquipe du centre CicaParc

À la Polyclinique du Parc de Caen, le centre CicaParc s’est structuré pour améliorer la prise en charge des patients porteurs de plaies complexes. Chirurgiens vasculaires, infirmiers coordinateurs et spécialistes de plusieurs disciplines travaillent ensemble afin de proposer des parcours de soins plus coordonnés.

Grâce à la téléexpertise, l’équipe peut aujourd’hui collaborer plus facilement avec les professionnels de santé du territoire, notamment les infirmiers libéraux et les médecins généralistes.

Dans cette interview croisée, le Dr Laura Palcau, chirurgien vasculaire, et Matthieu Delaunay, infirmier coordinateur du centre, reviennent sur la genèse du projet, son organisation et le rôle de la téléexpertise dans la coordination des prises en charge.

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Dr Laura PALCAU. Je suis chirurgien vasculaire à la Polyclinique du Parc et j’ai participé à la création du centre plaies et cicatrisation CicaParc.

Matthieu DELAUNAY. Je suis infirmier coordinateur au centre plaies et cicatrisation. Mon arrivée en 2022 avait pour objectif d’accompagner le développement du centre.

Comment est né le projet CicaParc ?

Dr Laura PALCAU. Le projet d’un centre dédié aux plaies et à la cicatrisation est un projet que je porte depuis mon installation à la clinique mais nous n’avons réellement débuté le centre plaies, avec des hospitalisations de jour et de semaine pour les bilans de plaies, que depuis janvier 2024.

L’idée était de structurer une prise en charge pluridisciplinaire. Au sein de la clinique, nous avons toutes les compétences nécessaires autour de la plaie : médecins vasculaires, radiologues, cardiologues, spécialistes de la douleur, diabétologues, dermatologues ou encore nutritionnistes.

Matthieu DELAUNAY. Avec l’équipe, nous avons pu développer progressivement l’activité autour de la prise en charge des patients porteurs de plaies complexes, comme les escarres, les ulcères ou les plaies du pied diabétique.

Nous avons structuré différents parcours de soins, avec des bilans initiaux, des suivis et des réévaluations de protocoles. Selon la situation du patient et les examens déjà réalisés, ces bilans peuvent être organisés en hospitalisation de jour ou en hospitalisation de semaine, afin de compléter l’évaluation sans refaire inutilement ce qui a déjà été engagé en amont.

Pourquoi la prise en charge des plaies nécessite-t-elle une organisation spécifique ?

Dr Laura PALCAU. Dans mes expériences précédentes, j’ai souvent constaté que les patients présentant des plaies chroniques étaient pris en charge de manière très fragmentée. Ils pouvaient être suivis par différents spécialistes, dermatologues, diabétologues ou autres, mais sans véritable coordination.

Les patients se retrouvaient parfois perdus dans ces circuits et nous les revoyions parfois tardivement, lorsqu’un problème vasculaire apparaissait. L’idée de ce centre est donc de proposer une prise en charge globale dès le départ et un suivi coordonné.

Matthieu DELAUNAY. En chirurgie vasculaire, nous sommes très souvent amenés à prendre en charge des patients porteurs de plaies chroniques. Les ulcères ou les plaies du pied diabétique représentent des situations fréquentes et parfois très complexes.

Pour ces dernières, la situation peut évoluer très vite. En 24 à 48 heures, cela peut devenir catastrophique, avec un risque d’amputation. L’enjeu est donc de pouvoir donner un avis très rapidement.

Quel rôle joue la téléexpertise dans l’organisation du centre ?

Dr Laura PALCAU. La plateforme Omnidoc nous a permis de réunir plus efficacement les partenaires médicaux du territoire, que ce soient les médecins généralistes ou les infirmiers libéraux qui participent à la prise en charge des patients porteurs de plaies.

Avant cela, les professionnels qui connaissaient notre activité nous adressaient les patients principalement par mail ou via le secrétariat.

Matthieu DELAUNAY. Avec l’augmentation du nombre de demandes, ce fonctionnement devenait de plus en plus compliqué à gérer. Aujourd’hui, les demandes arrivent directement via Omnidoc, ce qui permet de mieux trier et prioriser les situations et donc de réagir plus rapidement. Certains patients n’ont pas forcément besoin d’être vus immédiatement et, dans ces cas-là, un avis spécialisé par téléexpertise peut suffire pour adapter la prise en charge.

Comment vous organisez-vous pour répondre aux demandes ?

Matthieu DELAUNAY. Étant détenteur d’un diplôme spécifique en cicatrisation, c’est principalement moi qui traite les téléexpertises et coordonne les demandes qui arrivent sur la plateforme. Lorsque la demande relève d’un problème plus médical ou vasculaire, je la transmets directement aux chirurgiens.

Dr Laura PALCAU. Ensuite, en fonction de la situation, nous pouvons organiser soit un avis simple, soit un parcours plus complet.

Matthieu DELAUNAY. Dans ce cas, j’organise le parcours en fonction des plannings des différents spécialistes. Nous avons des créneaux dédiés au centre plaies et cicatrisation, ce qui permet d’organiser rapidement les bilans en hospitalisation de jour ou de semaine.

Qui sollicite le plus souvent votre équipe pour ces demandes d’avis ?

Matthieu DELAUNAY. Dans mon quotidien, je travaille surtout avec les infirmiers libéraux. Ils nous sollicitent le plus souvent, car ce sont eux qui suivent les patients au quotidien. La téléexpertise leur permet d’obtenir un avis spécialisé sans avoir à attendre systématiquement l’intervention du médecin traitant.

Dr Laura PALCAU. Nous sommes également sollicités par des médecins généralistes mais dans une moindre proportion.

Quel impact la téléexpertise a-t-elle eu sur votre activité ?

Dr Laura PALCAU. Depuis la mise en place d’Omnidoc, nous avons clairement constaté une augmentation positive du nombre de demandes. Nous avions déjà une activité importante auparavant mais la plateforme a rendu le centre plus visible et plus accessible pour les professionnels de santé du territoire, ce qui est une bonne chose puisque derrière ce sont des patients mieux pris en charge et plus vite.

Cette hausse des sollicitations s’inscrit d’ailleurs dans une dynamique de développement plus large de l’activité. Nous continuons à structurer progressivement le centre pour répondre à cette montée en charge, dans un contexte où un troisième chirurgien vasculaire a récemment rejoint l’équipe et où nous avons ouvert de nouvelles salles de consultation.

Le mot de la fin ?

Matthieu DELAUNAY. La téléexpertise répond vraiment à un besoin sur le terrain, en particulier pour les infirmiers libéraux qui prennent en charge ces patients au quotidien. C’est un outil qui facilite la communication entre les professionnels de santé et qui permet d’obtenir des réponses rapides.

Dr Laura PALCAU. La téléexpertise de groupe apporte une réelle qualité supplémentaire dans la prise en charge. Elle permet de mieux coordonner les professionnels autour du patient et de fluidifier les échanges. Je pense sincèrement que la médecine ne devrait pas être une compétition entre établissements car nous avons tous le même objectif : proposer les meilleurs soins possibles aux patients.


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