La téléexpertise continue de se structurer en Belgique, avec l’arrivée en 2026 d’une rémunération dédiée pour les avis dermatologiques sollicités à distance par les médecins généralistes. Cette évolution marque une étape importante pour le développement de cette pratique déjà utilisée par plusieurs équipes médicales belges.
Pionnier en Belgique, le CHU Saint-Pierre utilise déjà Omnidoc depuis 2025 pour permettre aux médecins généralistes d’obtenir un avis spécialisé sur des pathologies dermatologiques variées.
Découvrez dans cette infographie tous les enseignements tirés de cette pratique.
Des données issues de la pratique clinique
L’infographie s’appuie sur 694 téléexpertises réalisées entre septembre 2025 et avril 2026. Ces demandes ont été adressées par 470 médecins généralistes et traitées par 7 dermatologues du réseau de téléexpertise du CHU Saint-Pierre.
Les données utilisées sont anonymes et ont été exploitées avec l’accord des médecins du réseau. Concrètement, afin de mesurer l’impact de leur organisation, les dermatologues impliqués ont renseigné un formulaire à l’issue des téléexpertises. Ils y ont documenté plusieurs éléments, notamment le diagnostic posé, le niveau de priorité recommandé et l’orientation proposée au patient.
Cette méthodologie, issue de leur pratique clinique, permet de mieux comprendre le rôle que peut jouer la téléexpertise dans l’organisation des soins dermatologiques.
Les chiffres à retenir
L’analyse des téléexpertises réalisées au CHU Saint-Pierre met en évidence plusieurs enseignements sur la diversité des situations prises en charge, l’orientation des patients et l’apport de l’avis dermatologique dans la décision médicale.
- La téléexpertise concerne une grande diversité de situations dermatologiques, avec 44,4 % de diagnostics relevant de la dermatologie générale et inflammatoire, 31,1 % de l’infectieux et parasitaire, et 20,7 % de tumeurs cutanées ;
- 3 avis sur 4 n’ont pas conduit à une consultation dermatologique, le patient pouvant être suivi par le médecin traitant avec les instructions du dermatologue ;
- Dans 37,5 % des cas, le diagnostic du dermatologue diffère de celui du médecin généraliste, illustrant l’apport de l’avis spécialisé dans l’orientation diagnostique ;
- Avec un délai moyen de réponse de 15 h et des prises en charge urgentes possibles en moins de 72 h, le projet permet d’accélérer l’orientation des patients lorsque la situation le nécessite.
Ce que révèlent ces résultats
Ces résultats montrent un changement profond dans le parcours de soins. La téléexpertise permet d’éviter des adressages non nécessaires en donnant au médecin généraliste un avis dermatologique spécialisé à distance, réservant ainsi les consultations dermatologiques aux patients qui doivent réellement être vus.
Ils montrent aussi que la téléexpertise permet d’accélérer les prises en charge. Le délai moyen de réponse de 15 heures offre aux médecins généralistes un retour rapide permettant d’orienter le patient vers le bon niveau de recours.Enfin, ces données soulignent l’apport de la téléexpertise sur la fiabilité de l’orientation diagnostique. Le fait que plus d’un tiers des diagnostics dermatologiques diffèrent de l’orientation initiale illustre l’intérêt de l’avis spécialisé pour sécuriser la prise en charge et éviter certaines erreurs d’orientation.
La téléexpertise ne remplace donc pas la consultation dermatologique. Elle permet au contraire de mieux déterminer quand elle est nécessaire, pour quel niveau d’urgence et dans quel parcours de soins.
Une dynamique prometteuse pour la Belgique
L’expérience du CHU Saint-Pierre confirme l’intérêt de la téléexpertise en dermatologie en Belgique. Les résultats montrent un impact médical clair, avec une meilleure orientation des patients, moins d’adressages non nécessaires, des diagnostics mieux sécurisés et des prises en charge plus rapides.
L’intégration progressive de la téléexpertise en dermatologie dans la nomenclature belge va dans le même sens : reconnaître et soutenir une pratique qui permet aux médecins généralistes d’accéder plus facilement à un avis spécialisé, tout en améliorant l’orientation des patients. Cette reconnaissance constitue une condition importante pour permettre un déploiement plus large de la pratique.
L’exemple français montre par ailleurs que la téléexpertise dépasse le cadre de la dermatologie et peut bénéficier à toutes les spécialités. Des premiers projets sont d’ailleurs déjà lancés en Belgique, comme en cardiologie à l’Hôpital de la Citadelle. Une perspective encourageante pour l’organisation des soins en Belgique.
